En quoi le cancer a-t-il changé votre vie ?

Nos cinq ancien malades témoignent sur la traversée du cancer

Philippe – “Je suis devenu moins égoïste”

philippe cancer lymphome

Le cancer m’a appris à me recentrer sur l’essentiel : je n’ai plus de temps ni d’énergie à perdre avec les tracasseries du quotidien, j’évite de m’énerver pour des broutilles… même si parfois je retombe dans ce travers. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais d’avoir beaucoup d’amis, j’ai compris à quel point ça comptait d’être entouré. Du coup, je suis devenu moins égoïste, je prends davantage de nouvelles des gens, j’essaie d’être à leur écoute et attentionné. Ce cancer m’a aussi appris que j’avais une grosse force, à la fois mentale et physique, qui m’a permis de supporter les chimiothérapies et de me battre. Désormais, je me dis : « J’ai la chance d’être là, il faut profiter des choses autrement. » J’avais une belle vie avant, je sais maintenant l’apprécier.
48 ans, entrepreneur, atteint d’un lymphome en 2014.

Christophe – “Je ne me prends plus la tête avec des broutilles”

Christophe cancer lymphome

Le cancer m’a amené à changer de point de vue sur pas mal de choses. Quand j’étais malade, je me suis beaucoup rattaché à des plaisirs simples, comme la musique, et j’ai essentiellement trouvé du soutien auprès de mes copains de caserne, parce que je suis pompier volontaire. En revanche, j’ai fait le tri dans mes amis. J’ai gardé les meilleurs, ceux qui venaient à l’hôpital et avec qui je pouvais parler d’autre chose que de ma maladie. Les autres, ceux qui n’ont pas osé m’appeler, m’ont trop déçu… J’ai compris que la vie pouvait être courte et surtout qu’elle était précieuse. Donc, maintenant, je veux en profiter et vivre mes passions. Je ne me prends plus la tête avec des broutilles.
30 ans, responsable sécurité incendie, atteint d’un lymphome à 23 ans.

Amaury – “Je me suis recentré sur ma famille”

Amaury cancer angiosarcome

Limite workaholic avant mon cancer, j’ai revu mes priorités et je me suis nettement recentré sur ma famille. Je rentre plus tôt à la maison, je prends le temps de dîner avec ma femme et mes enfants. Les liens se sont également resserrés avec mes parents, mes frères, et même des tantes et des cousines éloignées que je voyais peu auparavant. Mes amis m’ont beaucoup soutenu, et là aussi je dirais que le cancer nous a rapprochés. J’ai aussi revu mon rythme de vie : je me couche plus tôt, je suis plus à l’écoute de mon corps. Si je suis fatigué, je l’accepte. Très sportif avant mon cancer, j’ai dû arrêter le rugby, mais j’ai découvert la marche en raquette l’hiver dernier. Et je me suis mis à la batterie, pour le plus grand bonheur de ma femme, vous imaginez ! Sinon, je fais moins d’excès, je limite mes sorties, mais je suis toujours partant pour de bons moments. Le cancer m’a appris à mieux apprécier la valeur des choses.
44 ans, directeur d’usine, atteint d’un angiosarcome de la cuisse en 2014.

Thomas – “Je suis moins stressé”

Thomas cancer leucemie

Je suis parti à 16 ans de chez mes parents, j’ai été indépendant très tôt, mais le cancer m’a ouvert les yeux et permis de réaliser à quel point c’était important d’avoir sa famille autour de soi. Je me suis beaucoup rapproché de ma sœur, notamment. Par contre, au niveau des amis, je n’ai plus vu personne. Du jour au lendemain ! J’avais bien conscience que je n’en avais pas vraiment, avant, et le cancer l’a confirmé ! J’ai aussi relativisé beaucoup de choses : avant, je voulais que tout soit prévu, organisé. Maintenant, je prends les choses comme elles viennent, je vis au jour le jour. Finalement, je suis moins stressé. J’ai également changé d’hygiène de vie : je me nourris mieux, je me couche plus tôt, et j’ai redécouvert le plaisir simple de se faire à manger, de prendre une douche…
À l’hôpital, on oublie le bien que ça fait. J’avais prévu de quitter la restauration, mais la maladie a accéléré les choses. Au final, je dirais que le cancer m’a fait mûrir très vite.
23 ans, animateur pour enfants, atteint d’une leucémie à 19 ans.

Roberto – “J’en suis sorti moins con”

Roberto cancer sein

Le cancer fait peur, il chamboule tout. Mais j’étais sûr que cet événement m’apporterait quelque chose, que j’en sortirais moins con et que je verrais la vie sous un nouveau prisme. De fait, j’ai pris conscience qu’il était important de s’intéresser aux gens, de s’y intéresser vraiment. À l’annonce de ma maladie, j’ai par exemple été surpris par les réactions de ceux qui ont pris leurs distances. Mais j’ai compris que c’était pour se protéger et ils restent mes amis. Je sais maintenant que tout est beau à vivre et je considère le travail autrement. J’ai repris mon poste dans le cadre d’un mi-temps thérapeutique, mais je me sens en complet décalage avec les objectifs de ma boîte, moins concerné. Quand on a eu un cancer, on est dans le réel. C’est rarement le cas des entreprises. À présent, j’ai envie d’écrire un livre pour faire ressentir aux autres ce qu’on traverse quand on a eu cette maladie.
49 ans, responsable financier, atteint d’un cancer du sein en 2014.

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